Category Archives: Lisbonne

Lisboa V

C’est une maison bleue
Accrochée à ma mémoire
On y vient à pied, on ne frappe pas
Ceux qui vivent là, ont jeté la clef
Peuplée de cheveux longs
De grands lits et de musique
Peuplée de lumière, et peuplée de fous
Elle sera dernière à rester debout
(paroles d’une chanson de Maxime Leforestier)

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Lisboa IV

Je commence à douter sérieusement du succès de mon entreprise. Vous vous souvenez? La recherche du Portugais mélancolique. Cet après-midi nous sommes allés visité l’aquarium marin ce qui ne m’a pas vraiment aidé à avancer. Peut-être suis-je à la recherche d’un concept aussi éphémère et énervant que “l’âme slave”?
Une chose est en tous cas sure: ce loutre résonne bien avec la vie douce qui semble couler dans cette ville.


Lisboa III

J’aime quand il y a des tramways dans une ville. Ils sont très propices aux scènes de déchirements amoureux dans les films des débutants.
On regarde la fille qui est dans le tramway. Elle n’a pas le front collé contre la vitre, comme si elle voulait encore être tout près de son amant, qu’elle a dû laissé sur le quai. Non, ceci n’est pas un départ ordinaire. Ceci est une scène d’adieu. La fille a dans le regard une certaine tristesse, un certain regret, mais aussi la distance. Le garçon, essoufflé, se fraie le chemin à travers la foule au bord du quai, mais il arrive trop tard. Le tramway s’en va. Il frappe à la porte. La caméra zoome vers la tristesse et l’amour dans son regard.
J’aime les tramways rouges à Bratislava. Ils sont très beaux sur les photos d’hiver, quand la ville est saupoudrée de neige. Le rouge et le blanc juxtaposés créent aussi, depuis des décennies, de beaux images usées et poétiques.

A Lisbonne, le tramway est jaune comme la lumière d’un après-midi tardif. La ville inondée de soleil ne saurait pas supporter le surplus de couleurs.
A Lisbonne, le tramway est jaune comme le coeur du pastel de nata, un petit gâteau au flan, qu’on a acheté dans une pastelería ordinaire, où le serveur était d’une gentillesse authentique, tout sourire, et parlait plusieurs langues dont le français parfait.

Le doute commence à me ronger. Le trouvera-t-on quelque part, ce Portugais mélancolique?


Lisboa II

Le fado nous charme et enchante, même si la soirée a une mise en scène un peu “touristique”: on mange, on fait une pause, on nous chante deux-trois chansons, on mange de nouveau, on nous emmène une nouvelle cantatrice, on plonge dans l’univers troublé des femmes aux cœurs brisés, on mange encore, et on nous accompagne vers le désert avec une chanson un peu plus gaie.
Ah, ces Portugais, ces descendants des âmes héroïques et solitaires, toujours en train de partir de chez soi. Ils portent en eux la tristesse, le désir inaccompli.
Vers la fin du programme on a envie de rendre hommage à leurs destins déchirants et se recueillir un peu en pensant à leurs douleurs.

On sort du restaurant et j’aperçois les deux cantatrices agréablement affalées sur un banc de pierre devant le restaurant. Tout à l’heure sur la scène, elles avaient l’air des femmes, maintenant il me semble que ce sont de toutes jeunes filles. Elles papotent à une vitesse incroyable, probablement à propos des emplettes qu’elles ont faites cet après-midi dans le nouveau centre commercial.
Je me dis: ils nous ont bien eus. On aime se dire que nous sommes des voyageurs mais il y a toujours une part de touriste en nous qui reste une proie facile.
Et pourtant, ce n’est pas grave. On se laisse de nouveau bercer par la douceur des clichés et de la brise du soir. On le trouvera bien quelque part, ce Portugais mélancolique !
:)


Lisboa


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