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Aprè ma Bratislava à moi, la Bratislava de mon amoureux

Bratislava, my favourite birthplace.

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Une beauté retro

Il est sept heures du soir. Il fait tellement chaud que je préfère de marcher d’un bout de la ville à l’autre au lieu d’embarquer dans le tramway non-climatisé. Au moment où il passe devant un terrain à bâtir, le soleil le remplit de lumière. Maintenant on voit nettement ses vielles fenêtres sales et rayées, peut-être plus rayées que sales.
Je marche dans une ville déserte. Les herbes folles remplissent les crevasses entre les différentes couches de bitume. On se croirait dans une ville de sud, à la fin d’un après-midi caniculaire, juste avant l’heure où les gens rentrent de la plage.


La ville bleue sur le Danube

Ca fait déjà plusieurs années. Je revois la scène avec les trois personnes dans la classe: moi – l’interprète, un formateur, et un élève. Le sujet n’est pas très passionnant, mais il est évident que je m’applique. Je suis une professionnelle. J’arrive tout de même à suivre d’un oeil ce qui se passe dehors. Le seul participant de cette formation, le seul qui doit absorber toutes les informations qui déferlent de la bouche du formateur depuis ce matin, il fait apparemment la même chose. Quand le formateur nous tourne le dos, il me fait un clin d’oeil et il incline sa tête en direction de la fenêtre. Il y a un énorme bateau blanc, élégant, qui glisse sur la surface argentée du Danube. On se sourit. Je me demande où il se dirige, et s’il va rejoindre la mer. Les châtaignes tombent sur le trottoir derrière les grandes fenêtre blanches.


A l’indienne

Un repas indien pour commencer en douceur mon séjour en Slovaquie.
A la base: des courgettes à volonté (plus il y en a, plus il y a de la chance que le résultat soit juteux), du pois chiche et de la quinoa.
J’ai suivi cette recette-ci.
D’après mon expérience il est bon de garder un peu de liquide dans la quinoa après l’avoir écarter du feu, pour que le repas soit bien juteux.

Des repas locaux et des photos de charme sont à venir :)


Encore des pois ?!

L’hiver vient de commencer (!) et il n’est pas bon pour le moral de rêver déjà du printemps. Plus j’ai envie de beaux jours couleur poussins d’oie, moins je me sens forte face à la pluie glaciale et horizontale qui est en train de nous tomber dessus depuis quelques jours.
N’empêche que mon nouveau porte-monnaie, tant recherché, qui arrive enfin à contenir toute ma MONNAIE, n’est ni blanc comme notre peau après des semaines de carence solaire, ni rouge comme des baies qui égayent encore quelques arbres, mais vert. Vert comme le brin d’herbe avec lequel je vais siffler de joie ce printemps.
Il est un peu rétro. Vous aimez? :)
(Acheté en boutique In Vivo à Bratislava.)


Je n’y peux rien. Je romantise.


Je me promène dans les ruelles de la capitale. Comme une expatriée typique, je romantise cette ville où je comprends tout en ce qui concerne la langue, puisqu’elle est maternelle; et beaucoup moins, il faut dire, en ce qui concerne le fonctionnement subtile de la société.
Dans les cafés je vois les étudiants avec leur projets, leur rêves, pleins d’optimisme et d’énergie. Je rencontre des amis dont la vie me semble moins aisée mais plus colorée que la vie à Luxembored. Pour peu j’imaginerais que la vie est douce dans une chambre de bonne sous le toit d’un vieux immeuble presbourgois, pourvu qu’on a sa part de pain (petite) et sa part de créativité (infinie).
Je monte une petite rue en pente et je vois devant moi trois personnes en long habits noirs. De futurs prêtres devant le bâtiment du séminaire? Ah, j’aime cette ville, ce mélange du laïque et du religieux, où la tradition n’est pas ignorée et où les étudiants débattent dans les cafés, bruyamment, de leur sexualité libérée (bon, j’avoue que le fait de comprendre tout peut aussi devenir un piège :)
La journée est grise, la brume pourrait bientôt descendre des branches des plus hauts arbres jusque dans la rue. Je me sens bien ici. Je m’approche des trois silhouettes noires et, enfin, j’y vois clair. Les trois séminaristes supposés sont en fait trois serveurs en long tabliers noirs, “stylish”, en pause cigarette. J’aurais envie de leur demander un peu de cendre pour me saupoudrer la tête en signe du repantir pour trop plein de romantisme.
N’empêche que cette fois-ci, il s’est vraiment passé quelque chose de beau entre moi et cette ville.


A l’amitié

Il y a des amitiés que la mer recrache après une décennie. A en voir une devant moi, j’en ai presque les larmes aux yeux. Peut-être c’est juste de l’eau salée qui vient de m’éclabousser le visage mais je n’en suis pas moins émue. Le sable fin des fonds marin semble avoir arrondi ses angles, elle semble briller de toutes ses éclats. Elle n’est plus si crue qu’avant, elle n’a plus l’air d’un bloc du crystal de roche qui poserait des défis à chacun qui essayerait de contrarier notre couple amical. Je dirais qu’elle ressemble plutôt à une sphère en cristal qui a fusionné avec une boule à neige. Il y a de la force à l’interieur mais il suffit de la secouer un peu pour que la neige commence à tomber doucement comme par un tour de magie.


En attendant Noël

En cherchant une toute autre chose dans ma boîte à n’importe quoi, j’ai trouvé une petite merveille que j’y ai laissé endormie pendant presque six ans. C’est une bague carrée peu épaisse sertie de 49 verres violet minuscules. Elle a à la fois un côté strass et un côté bijoux qu’on met pour aller à l’opéra. Je n’arrive pas du tout à me souvenir à quelles occasions j’ai bien pu la porter.
Peut-être lors de la soirée de Noël 2005 où nous avons fait la fête joyeusement et copieusement avec mes collègues slovaques et français avant mon grand départ pour le Petit Duché de Luxembourg?

Elle me rappelle Bratislava sous la neige, les grands bateaux blancs, entre deux rives blanches, glissant lentement en direction de sud-est, les tramways rouges, le Marché de Noël, et pendant tout le mois de décembre, chaque jour après le déjeuner, un peu de fernet avec mes collègues-femmes avant d’aller traduire du français technique de l’industrie automobile.

Elle me rappelle les fêtes de fin d’année pour lesquelles je n’ai encore jamais eu besoin d’une vraie grande robe mais dont j’ai toujours rêvée, et la neige qui craque sous les escarpins en satin que je n’ai encore jamais eus.

Elle me met en humeur pour quelque chose énigmatique et gracieux, mais comme je ne sais pas si j’aurai le courage et l’occasion de la mettre dans les prochains jours, je me suis dite que j’allais la porter, pour en profiter, pendant ce week-end chez moi, habillée de mon pantalon de jogging et d’un t-shirt quelconque.
Bizarre, ma foi.
Mais j’ai déjà vu mieux.
J’ai une amie qui a dormi une nuit chaussée de ses chaussures neuves parce qu’elle était trop contente de les avoir et elle ne voulait pas s’en détacher une nuit entière.

Avez-vous aussi des futilités chères à vos coeurs, dont l’aveu nous rapprocherait ? :)


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