Category Archives: Life journal/Carnet de vie

Birthday haïku

anniversaire
sourire en regardant
le déclin de l’Orion

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my birthday
how nice to notice
the decline of Orion

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granat jabko


Du haut de ma tour

De ma fenêtre je vois la Tour Montparnasse. C’est le soir, les carrés oranges se multiplient dans cet unique gratte-ciel du quartier. Au loin je vois le Sacré-Coeur. J’ai de la chance aujourd’hui; les derniers jours il était tout le temps dans le brouillard.
Je vis à Paris, je fais des cookies, je travaille, j’attends que mon homme revienne de son cours de théâtre. Je regarde de ma fenêtre, j’écris des haïkus, je réfléchie à ma vie. Je suis ici pour réaliser le rêve de l’étudiant modèle de la langue et de la littérature française. Oh-là-là. Quelle noblesse dans l’expression. On se met tout de suite à rêver quand on l’entend, et puis, quand l’occasion se présente, on saute dans le premier train et hop, on vient à Paris, pour regarder soi-même, de ses propres yeux, le rêve en face.
L’autre jour, nous en avons longuement discuté avec mon homme, dans un bistro parisien, un verre de vin blanc à la porté de la main, (savourant le cliché parisien parfait!).
Je me suis rendu compte que ce que je voulais trouver ici, c’est le monde qui n’existe pas. Le Paris que je suis venue chercher, c’est le Paris de Modiano, le Paris de Jean d’Ormesson, le Paris de Madeleine Chapsal que j’ai lu au lycée pour épaissir mon vocabulaire, le Paris de Daniel Pennac, le Paris de tous les auteurs que j’ai lu surtout au début de mes études et que je dévorais sans modération; le Paris de Bernard Pivot dans le Bouillon de Culture que je suivais sur TV5.
Les monuments, l’histoire, la culture, le décollage professionnel, tout cela est très bien, mais moi ce qui me poussait pour venir ici, la force de l’attraction, c’était le Paris littéraire.
Quand je marche sur les pavés de Paris, je suis toujours à la recherche d’une brèche par laquelle je pourrais m’échapper et rejoindre les histoires qui me nourrissaient jadis. Mais il faut faire face à la réalité: je ne les retrouverai jamais. Le Paris que je cherche m’est aussi inaccessible d’ici que d’ailleurs. Ou si je regarde le verre mi-plein, il m’est aussi accessible d’ailleurs que d’ici. Je peux le joindre de partout. Même de cette vielle ferme qu’on va probablement acheter un jour pour y élever des chèvres, faire de la méditation et peindre des tonnes d’aquarelles!
La vraie vie commence.


Starbucks et la Sainte Lucie de Syracuse

Je pense à Syracuse, la petite ville sicilienne, dont j’ai appris l’existence par l’intermédiaire de la Sainte Lucie, qui s’appelle aussi Lucie de Syracuse. Moi aussi, je m’appelle Lucie. Un jour, j’étais sans doute encore un enfant, j’ai appris qu’il y existait une sainte à qui je pouvais m’adresser, et si la chance était de mon côté, mes prières seraient plus rapidement remarquées par elle que par d’autres, puisque nous portions le même nom. J’imaginais que la similitude des noms allait tout de suite m’attirer ses faveurs. Plus tard j’ai appris toute l’histoire. Qu’elle était et qu’elle est la patronne des aveugles, que d’après les croyances chrétiennes elle s’occupe de ceux ayant les problèmes de vue, qu’elle a fait un voeux de chasteté dès son enfance et qu’au travers d’une histoire de mariage refusé, d’orgueil vexé et de convoitise inassouvie de la part de son futur mari supposé à qui elle s’était refusée, elle est devenue une martyre. Elle avait tout pour me plaire. A 14 ans, moi aussi je faisais des voeux de chasteté pour la vie, et à 14 ans aussi ma vue s’est affaiblie. Alors quand l’occasion s’est présentée de visiter la ville de Syracuse et les reliques de la Sainte Lucie, j’ai sauté dans l’avion.

Nous faisions un voyage en Sicile avec trois amis. Une amie et deux amis, dont aucun en couple avec aucun. A Syracuse nous avons logé dans un petit hôtel charmant, où j’ai dormi sous le baldaquin avec mon amie. Le hasard voulait d’abord que nos deux amis le partagent, mais ils sont vite venu nous prier d’échanger leur chambre avec la nôtre aux lits jumeaux. On prétendait de ne pas en avoir envie, on se moquait d’eux, on se marrait à fond. Après un moment de souffrances pour les gars, nous avons cédé.
Le lendemain, j’ai mis mon réveil de bonne heure. J’ai quitté le baldaquin, et je suis partie à l’église. Il y avait personne dans les rues, sauf quelques boulangers qui étaient en train d’ouvrir leurs magasins, et sur la place principale, quelques veuves siciliennes en route vers la prière matinale dans leur église de prédilection.

Je suis entrée dans mon église à moi, la seule qui m’intéressait de toute la ville, la seule dans laquelle je pouvais rencontrer Sainte Lucie. Elle était dans une petite chapelle à droite de la porte. Il y avait des fleurs et des bougies sous les pieds de la statue et un prie-Dieu devant la clôture qui fermait cette petite chapelle latérale. Je m’agenouillais. J’ai commencé à prier. Ou plutôt, je lui ai dit tout ce qui me ferait plaisir qu’elle fasse pour moi, qu’actuellement je tâche de mon mieux de vivre une bonne vie, et que si elle me guérit là, sur le coup, je ferais tout pour lui en être reconnaissante jusqu’à la fin de mes jours; que je ne suis pas sûre si, même après un miracle, je deviendrais une avocate de la foi, ni si je me répandrais sur le miracle qui aurait eu lieu, n’ayant probablement pas assez de courage pour faire face aux sceptiques, mais je tâcherais d’être à la hauteur de ce mérite, je te le promets, Sainte Lucie.
J’ai tout déballé en une phrase et puis je me suis tue en attendant que le miracle se produise.
Rien. Les secondes passaient et j’étais aussi myope qu’avant. Alors j’ai commencé à imaginer quelle pourrait être la réponse de ma Lucie. La religion flanquée plus tard de l’ésoterisme ne m’étant pas étrangère, je n’avais aucun problème à faire souffler à la Sainte ce qu’elle pourrait dire dans une circonstance pareille. Le voilà:
“D’abord, il serait souhaitable que tu apprennes à voir à un niveau plus profond que le corporel. A regarder droit dans les yeux de la vie, à regarder droit au fond de toi, ne pas fermer les yeux sur ce qui t’angoisse, à faire face à la vie, à regarder aussi loin que tu souhaites, avec courage, pour comprendre les cause et les effets, à se projeter dans les différentes étapes de ta vie, assumer ces étapes, oser, accepter, s’accepter, et se réjouir de la chance de voir clair. Cela aussi s’appelle “voir”.
Tu sais, Lucie, la vue plus profonde, la sagesse si tu veux, et la vue au sens corporel sont étroitement liées. Si je t’enlevais tes dioptries en ce moment même, elles reviendraient dans quelques mois, ou quelques années, si tu ne travailles pas sur les couches plus profondes. Mais j’ai confiance en toi. Je suis sûre que tu y travailleras. Courage! Bises.”
Elle a fini son message comme un texto, mais bon, ce n’est pas cela qui était embêtant. J’étais déçu.
En même temps, ce que je la faisais dire ne sonnait pas faux. Je crois même que depuis j’ai entrepris quelques actions pour vivre en accord avec ce que je me suis prêchée. Toujours cette envie d’être prête pour le miracle! :)

***

Ce soir, je suis dans le Starbucks. Oh je sais, un lieu bien peu probable pour qu’un miracle s’y passe. Je l’admets. Je regarde la rue, les lignes fuyantes des immeubles parisiens, les arbres encore verts, les néons des bistros, les passants qui se promènent ou qui marchent d’un pas décidé vers des rendez-vous.
Ah, comme c’est beau de regarder. Regarder sans rien en attendre. Regarder comme méditer. Laisser passer les images, les émotions, les pensées. Avec un peu de chance, il y aura quelque chose dans ce flot qui me fera plaisir, je m’imprégnerai des choses sans forcer, j’aurai une ou deux pensées enjouées, avant de retourner dans le monde de l’action. Avant de retourner à Syracuse, un jour…


Sacrée Amélie Nothomb!

Je prends un carré de chocolat blanc.
Sacré Amélie. Je ne me le suis procuré qu’à cause d’elle. Elle en parle si bien que je me suis encore laissée tenter.
Je viens de lire son bouquin Ni d’Ève ni d’Adam.
J’ai dévoré ce livre. Je l’ai dévalé sans freiner comme elle a dévalé le Mont Fuji. Trop vite peut-être – pour ma part. Il faudrait que je le relise pour profiter consciemment de tous les plaisirs qu’il donne.
Jusque là, je ne savais pas Amélie tellement amoureuse des montagnes et de la neige. Mon appréciation de cette auteur s’est encore aggrandie. Si ça continue ainsi, je vais bientôt m’inscrire dans son funclub en ligne! Oh-là-là!
Amélie parle merveilleusement bien de la neige. Son récit de la neige est aussi pure que la neige est blanche. Il est japonais, et haikuesque. Je m’y retrouve, je la comprends, j’y suis.
En lisant le passage sur la montagne, je me suis souvenu de ma part de la folie rendue public, lors de ma première école de neige.
J’avais quatorze ans et jamais avant je ne suis allée à la montagne, ni fait du ski, évidemment, mais bon, même pas du ski de fond.
Je ne savais même pas si j’aimais la montagne. J’aimais la neige, il y avait au moins ça de sur.
Or, il n’y avait pas de neige en ce mois de mars dans les hauteurs basses de la montagne où nos profs nous ont réservé un chalet.
Tant pis, j’aurais pu me dire, les écoles de neige c’est connu pour être des lieus de la drague plus qu’autre chose. Mais les goujats qu’étaient mes copains de classe de 14 ans ne m’inspiraient aucune envie d’être draguée.
Un beau jour brun du mois de mars dans la basse montagne, nous sommes partie en promenade. La terre sur les sentiers humides nous collait aux chaussures, elle nous salissait les ourlets de jeans, certains se barbouillaient jusqu’aux mollets. Le ciel était bas et lourd, prêt à éclater, et il était clair, que ce qui en sortirait, ce ne serait pas de la neige.
Bref, on comptait les heures qui nous restaient pour rentrer.
Et là, je l’ai aperçu. Etalée sur le versant nord de la vallée que l’on contournait, un peu sale aux bordures mais pure à l’intérieure, gorgée de l’eau mais toujours dans son état magnifique – j’ai vu une large tâche de neige. Une dernière trace de la neige qui résistait au printemps comme les glaciers résistent encore au réchauffement climatique.
Je n’ai pas pu me retenir. J’ai commencé à courir, à dévaler la vallée, à sautiller comme un chamois, émue comme le sont sûrement ceux qui ont pu témoigner de la fonte des glaciers. Personne ne me suivait, personne ne me criait après. Ils devaient me regarder ébahis ne sachant pas trop de quoi il s’agissait. Je ne me souviens même plus ce que j’ai fait quand j’ai atteint la neige. Je suis rentrée dedans, sûrement, et je suis resté les pieds dedans pendant quelques moments pour bien ressentir l’humidité froide qui montait de ce champs de neige isolé; et puis j’ai remonté la vallée pour rejoindre le groupe. Quand je l’ai réintégré, personne n’a rien dit. C’est ce qui est le plus bizarre. Ils ne se sont même pas moqués de moi. De ces adolescents de 14 ans j’aurais attendu une toute autre réaction. C’est ce qui me trouble encore aujourd’hui. Etaient-ils tellement indifférents à mon sujet qu’ils n’ont même pas pris la peine de rigoler ? Ou par cette absence de réaction m’ont-ils donné une preuve de maturité plus grande que jamais je n’aurais imaginée de leur part?
Voilà mon mystère de la basse montagne :)


Le gâteau qui va bien avec Mozart

En visite chez mes futurs beaux-parents, mon Homme et moi, nous avons décidé de faire un gâteau aux carottes pour toute la famille.

Vous dîtes que vous voulez la recette?
La voici :)
Sauf que:
d’habitude on mets du sirop d’érable au lieu de la cassonade (et on en mets toujours moins qu’il est écrit)
on ajoute en plus une demi-tasse de raisins secs trempés
on met juste un petit peu de l’huile
on met du zeste râpé de deux oranges bios bien lavés à l’eau chaude, plus le jus d’orange fraîchement pressé, plus un peu de la pulpe d’orange
on met un peu de cannelle
et pour une plus grande illusion d’un gâteau extrêmement bon pour la santé, on utilise la farine complète.
Mon Homme a d’ailleurs énoncé une théorie, que ce n’est plus un gâteau, mais un médicament, pour lequel il faudrait recevoir une prescription :)
(Si la pâte est plus dense que souhaitable on ajoute un peu de lait.)
Bref, donnez libre cours à votre imagination, et n’ayez pas peur d’une approche “essai et erreur” !


From the farmers’ market


Sales in Paris – this has to be mine!


Qu’ont-ils en commun mes grands-parents et Paris?

L’odeur de la pisse et des excréments animaux me raccompagne quand je descend la Butte de Montmartre. On se croirait dans la basse-cour de mes grand-parents. Quand je pense à chez eux, je pense aux odeurs que je ne connaissais pas à la maison. Je pense à ma cousine avec laquelle nous nous enfuyions à travers la chambre à coucher, en traversant la salle de bain, vers une petite pièce froide où mon grand-père avait un tonneau de vin pour le rouge fait maison, qu’on appelait affectueusement “mal de tête”. Cette pièce menait à l’aventure. Il était possible de sortir par deux portes: l’une menait au grenier, oh là là, le bonheur de monter au grenier, et l’autre menait dans la basse-cour qui sentait les excrément des oies. Que faisait-on après? Rien de spécial. On marchait à travers la cour jusqu’au potager qui était grand comme un champ, on marchait jusqu’à la limite des terres, on respirait un coup de liberté et on rentrait contentes…
Je suis allée voir le film de Bruno Podalydès “Adieu Berthe” au Forum des Images. Ce n’est pas pour faire une critique de film que je vous en parle. Berte, c’est la grand-mère mal connue à laquelle on ne commence à s’intéresser qu’après sa mort. C’est là qu’on découvre qu’elle était autrefois rebelle, amoureuse, passionnée. On se rend tout simplement compte qu’elle aussi, elle était autrefois jeune et que sa jeunesse oubliée aurait pu servir de lien entre les générations. L’idée m’a touché et motivé d’aller fouiller dans les affaires de mes grands parents, là haut, au grenier – à l’aventure, d’aller chercher les photos et les lettres pour découvrir un peu plus qui ils étaient et qui je suis…


The doors open day

Today is the inverted doors open day. Ha? Where? Here! You had no idea? I haven’t told you before? You are right! It’s just a funny thought that I had today, to ask you for a few words: who are you, why you came here, what you like here, what you miss… You might not often comment on the blogs you visit…I am alike…but just for fun, here and today, I invite you to put your word here… or two :)


Entre le ciel et la terre

J’ai été choquée d’apprendre que son petit ami était mort. Je traversais les moments d’étourdissement pendant plusieurs jours et semaines après. Quand quelque chose d’aussi brutal touche quelqu’un qu’on apprécie, on se sent touché.
Quelques semaines plus tard j’ai eu ce rêve: il y avait le petit ami de ma copine qui disait: “Tu sais, on est toujours ensemble avec ta copine. On se voit chaque jour, chaque soir.”
Je restais borné: “Mais ce n’est plus possible que vous vous voyiez, tu es parti et elle, elle est de ce monde.”
Il m’a regardé comme quelqu’un qui regrette de ne pas pouvoir dire tout ce qu’il sait et il m’a dit doucement: “Un jour, tu comprendras.”
Depuis, je dors mieux…


Versatile blogger award

The very gentle and charming blogger QT has recently surprised me with the Versatile blogger award. Wow, I was quite high in the ranking, (well, actually, I was in the first position, and I felt so flattered ! :) Thanks QT !

Pardon me for this shortened list of recently discovered blogs that bring inspiration into my life.
(I need to acclimatize to the internet after just having come back from a month long travel to Japan :)
1. Tim Brownson
2. Food to glow
3. Awesomely Awake
4. Hel looks
5. David Kanigan

Oh, and seven random facts about me that might be suprising for those who know me, or not?:)
1. Today, I moved to Paris :)
2. I am learning watercolour and I love it.
3. I would love to be able to design and sew handbags.
4. Every time I overcome my laziness I realize in euphoria that I do am a runner.
5. Every time I overcome my fear and I climb a 15 metre wall I ask myself: what am I doing here? :)
6. I would like to meditate every day a fair amount of time. On my trip to Japan I read that hiking the Kumano Kodo route is like copulating with the universe. Funny kind of metaphore. But I quite easily get what they wanted to say when I think about meditation. Well, I really do.
7. I have a kind of love and hate relationship with fashion :)


A la mémoire des arbres

J’aurais aimé vous offrir un post comme How I ran my first downhill marathon. Ou bien Comment ai-je réussi à améliorer ma vue en faisant de la gymnastique oculaire lors d’une connexion internet déséspéremment lente. Mais non, je vais vous parler des arbres. Quoi ?!?! Et bien ce matin j’ai lu un bouquin de Modiano tout svelte qui a dû m’influencer à vouloir décrire ce qui n’est plus là, pour que les souvenirs ne s’effacent pas, pour honorer et faire vivre.
Il s’agit du verger de mes parents.
Il n’y reste que deux arbres de mon enfance, les dix autres ont été supplantés par des nouveaux.
Je regarde l’espace vide qui leur appartenait autrefois. Je regarde le vide jadis rempli par le pommier dont on ne voulait jamais manger des fruits parce qu’ils étaient amers et durs. Je regarde le vide jadis rempli par le pommier dont les fruits étaient les premiers à mûrir, et que, déjà en juin, je pouvais emporter à l’école pour accompagner mon goûter. Je pense au pommier qui chaque année ne faisait mûrir que quelques de ces fruits, mais ceux là étaient les plus convoités à la table de Noël. Je pense au poirier dont les fruits était longs, grands et juteux et que j’avais peur d’approcher à cause des guêpes…
Où vont les arbres quand ils ne sont plus là? :)


En-vie

Je suis dans le métro et je regarde sans vergogne une fille parler à ses copins. Elle suit des yeux leurs mouvements et leur mimique avec une curiosité enviable. Elle a un visage expressif, qui reflète surtout sa bonne humeur mais aussi la surprise, l’interêt, la joie, le doute, l’enthousiasme, la réflexion, la compassion et autres. Elle utilise ses mains et son visage pour parler. Sa présence dans l’instant présent me mets de bonne humeur. Elle est malentendante.
Si je pouvais mettre en veille chacun de mes sens pour un jour, juste à l’essai, pour voir comment je compenserais son absence, pourrais-je finir l’expérience par être présente à tous ce que je fais, vraiment en vie!?


Mais pourquoi ?!


Un moment parfait. Je me mets sous l’arbuste sauvage en fleur. La lumière du couchant vient du dos, la brise m’apporte son parfum vers le visage. Les branches sont lourdes de fleurs. Elles bougent avec grâce, elles se déhanchent, elles tendent les bras les unes vers les autres. Juste un peu de brun et beaucoup de blanc ici. C’est le moment parfait de la floraison. Pour le moment il n’y a pas encore des feuilles, juste le brun de la terre et le blanc de la neige. J’adore ces deux couleurs associées. J’aimerais rester debout en-dessous de l’arbre jusqu’à ce qu’il commence à se faner pour en profiter au maximum. Cinq journées d’affilée? Peu importe, j’y ferai mon lit de camp. Ca va toujours si vite. La floraison a à peine commencé et il y a déjà des pétales qui virevoltent avant de rejoindre la terre.
Je cherche pourquoi je me mets dans un tel état d’excitation et d’émoi. Peut-être que je me dis qu’il faut le regarder pour qu’il se sente vivre. Ou je confonds? :)


Grand Corps Malade

Je suis assise dans le parc.
Entre les pétales de la tulipe il y a une lumière chaude où je voudrais plonger comme une abeille, uniquement pour le plaisir, l’air affairé, mais si je n’avais pas le choix, même un bourdon un peu lourdaud ferait l’affaire.
Aujourd’hui je viens de visiter mon ophtalmo, qui m’a reconfirmé que tout va bien et la petite tache noire sur la rétine, qui m’embêtait il y a deux ans, n’est qu’une petite cicatrice insignifiante.
Je pense à l’intensité du bonheur que je ressentais quand je quittais le médecin il y a deux ans avec la confirmation que ça ne bouge pas, qu’il n’y a rien de mal, au contraire que c’est quelque chose de guérri. Je criais en moi: “Je vous aime tous, les gens qui sortez de la supérette, les gens aux vélos, les ados, les vieillards luxembourgeois. Ma vue est parfaite, je suis heureuse!” En mon for intérieur je promettais à l’univers de ne plus jamais se faire des soucis pour les pacotilles, parce que rien n’en vaut la peine, qu’au contraire je vais vivre et être joyeuse et heureuse chaque jour, tout simplement, et je vais communiquer cette joie aux autres…
Bon, vous me voyez venir où j’en suis venue avec ma promesse…
J’y tiens toujours, certes, mais d’une façon assez intermittente.
Le week-end dernier je suis allée au concert du Grand Corps Malade. C’est un artiste qui partage à coeur ouvert, c’est presque un “motivational speaker” qui fait du slam, de la poésie, sur une musique de jazz. Je n’ai pas seulement aimé, ça m’a inspiré et ça m’a marqué. C’était un concert parfait.

Je rêve que l’amplitude de ma gratitude tiendra longtemps cette fois-ci, mais j’ai au moins une certitude que j’acquiers une solide habitude pour voir les bons côtés de la vie :)


Let’s dream big !

Why do you think the spring comes so easily and effortlessly as if there was nothing more natural that to bud, smell nice, look movingly fragile and still full of strength ?
Well, according to my insider’s information it’s because the nature took a time off, dozed off during a few months and let the unconscious to come up with great ideas and great hints of how to make them real.
Does it sound like I am drunk or something? Well, I am drunk with the bright light and the gentle breeze that rounds up the pink bed sheets hanging in our neighbours’courtyard, which makes me think of a weirdly coloured antique sailboat…just dream…big :)


Sur mon 21

Le printemps est là, officiellement, et je ne le dis pas parce qu’aujourd’hui c’est le 21, je le dis parce qu’aujourd’hui j’ai rencontré le premier joggeur en t-shirt blanc duquel émanait une note de produit de lessive de grande surface, pas très écologique mais extraordinairement parfumé.
Ah, comme j’aimais cette odeur quand j’étais enfant. Pourtant je ne la sentais que sur les autres. Ma mère, toujours en avance sur son temps, et Dieu merci, évidemment, était parmi les premiers à utiliser des produits écologiques, lesquels, à cette époque, représentait le contraire du “sentir bon”.
Les vêtements des enfants des voisins sentaient toujours mieux que les miens. Quand on s’était libérés des doudounes et des manteaux d’hiver et on commençait à courir les rues dans les t-shirts, cette odeur de fraîcheur printanière publicitaire devenait un régal.
Aujourd’hui j’utilise aussi des produits écolos bien sûr, (qui sentent quand même mieux que ceux d’avant), mais l’odeur de la lessive toxique mélangée à l’odeur des bois annonce pour moi le printemps avec toujours la même force que les bourgeons des arbustes sauvages. Enfin, presque :)


Madame Bouddha

Il faisait très très chaud dans la journée. Ce n’est que maintenant à 10 heures du soir, au moment de la rédaction de ce post, que la brise rafraîchissante a enfin commencé à souffler à travers les rideaux légers de la maisonnette en joncs au bord de la plage. Madame et Monsieur Bouddha en Bois ont enfin pu s’assoupir, doucement appuyés l’un à l’autre.

En ouvrant la page: le-monde-est-un-bijou.com, mes yeux ont été emmenés vers la catégorie “bijoux étiques”. Enfin, c’est ce que j’ai lu de premier abord et mon coeur a fait une petite danse de joie. Je me suis dite: enfin, les voilà, mes prières ont été exhaussées! Après j’ai bien remarqué qu’il s’agissait des bijoux ethniques, mais la page a une philosophie de l’équitable derrière elle, alors ma dyslexie temporaire avait visé juste.
Ca me plaît. Un monde comme ça me plaît. Et ça c’est quelque chose!

Les boucles d’oreilles ont été tissées à la main avec du fil doublé d’or et des perles en péridot. Merveilles d’exotisme par une créatrice israélienne Lucie Zemach.


Girl crush

This is a ‘blog for girls’ post, I know (hey, it’s not like I don’t assume it, but …) but I needed to upload a picture of my first home made paëlla. One could say that I had a girl crush on Gwyneth Paltrow, and if one dared to say so, he would be right :)))


Couture – les débuts

On a sonné à la porte du jardin et j’étais heureuse de voir que c’était mon grand-père qui venait en visite, suivi de son chien Tzigane, appelé ainsi parce qu’il était noir, et parce que mon grand-père ne se souciait pas du tout du “politiquement correct”. (Moi aussi, on m’appelait “tzigane” parce que je bronzais facilement et cela ne voulait pas dire qu’on ne m’aimait pas. Je crois :)
Je vérifiais s’il avait un sac dans la main. Si oui, cela signifiait que notre grand-mère nous envoyait des gourmandises. Souvent c’était de la viande, des saucissons, des boudins, mais ce que j’aimais moi, c’était quand elle nous envoyait des gâteaux salés. Elle faisait tout au saindoux, alors les gâteaux salés passaient mieux que les gâteaux sucrés.
Mon grand-père avait à quatre-vingt ans tous ses cheveux sauf qu’ils étaient blancs comme les plumes des oies et leur blancheur bouclée me fascinait. Je l’écoutais, je le regardais et je ne voulais jamais qu’il parte.
Pourquoi parle-je de mon grand-père ici? Parce qu’une fois, quand nous lui avons dis au-revoir et il nous a tourné le dos pour s’emparer de son vélo appuyé contre un arbuste de roses (ce qui énervait ma mère depuis des années, mais en vain essayait-elle de lui faire comprendre que les roses étaient fragiles), une fois tourné, nous avons remarqué qu’au dos de son survêtement bleu délavé il y avait une énorme pièce de tissu bleu foncé qui a servit pour raccommoder un vêtement bon à jeter.
Quand il était assez loin sur son vélo, ma mère a dit: oh là là, ta grand-mère, c’est un cas à part.
Sans un mot de plus, je savais à quoi elle pense.

Je viens de commencer à apprendre la couture. Pour le moment, le plus facile, c’est de rafistoler les vieux vêtements qu’il faudrait, d’après les principes de feng-shui, jeter sans regret. Mais je suis heureuse de pouvoir encore les porter à la maison, parce que je les aime tant.
C’est là que je me dis: garde à toi, ma grande :)), pour ne pas finir comme ta grand-mère, qui avait certes beaucoup d’humour, d’habileté et d’imagination mais dont le sens des économies était quand même un peu poussé :)


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