Couture – les débuts

On a sonné à la porte du jardin et j’étais heureuse de voir que c’était mon grand-père qui venait en visite, suivi de son chien Tzigane, appelé ainsi parce qu’il était noir, et parce que mon grand-père ne se souciait pas du tout du “politiquement correct”. (Moi aussi, on m’appelait “tzigane” parce que je bronzais facilement et cela ne voulait pas dire qu’on ne m’aimait pas. Je crois :)
Je vérifiais s’il avait un sac dans la main. Si oui, cela signifiait que notre grand-mère nous envoyait des gourmandises. Souvent c’était de la viande, des saucissons, des boudins, mais ce que j’aimais moi, c’était quand elle nous envoyait des gâteaux salés. Elle faisait tout au saindoux, alors les gâteaux salés passaient mieux que les gâteaux sucrés.
Mon grand-père avait à quatre-vingt ans tous ses cheveux sauf qu’ils étaient blancs comme les plumes des oies et leur blancheur bouclée me fascinait. Je l’écoutais, je le regardais et je ne voulais jamais qu’il parte.
Pourquoi parle-je de mon grand-père ici? Parce qu’une fois, quand nous lui avons dis au-revoir et il nous a tourné le dos pour s’emparer de son vélo appuyé contre un arbuste de roses (ce qui énervait ma mère depuis des années, mais en vain essayait-elle de lui faire comprendre que les roses étaient fragiles), une fois tourné, nous avons remarqué qu’au dos de son survêtement bleu délavé il y avait une énorme pièce de tissu bleu foncé qui a servit pour raccommoder un vêtement bon à jeter.
Quand il était assez loin sur son vélo, ma mère a dit: oh là là, ta grand-mère, c’est un cas à part.
Sans un mot de plus, je savais à quoi elle pense.

Je viens de commencer à apprendre la couture. Pour le moment, le plus facile, c’est de rafistoler les vieux vêtements qu’il faudrait, d’après les principes de feng-shui, jeter sans regret. Mais je suis heureuse de pouvoir encore les porter à la maison, parce que je les aime tant.
C’est là que je me dis: garde à toi, ma grande :)), pour ne pas finir comme ta grand-mère, qui avait certes beaucoup d’humour, d’habileté et d’imagination mais dont le sens des économies était quand même un peu poussé :)

About atreewalker

It was a warm spring morning in the olive grove. The breeze was gentle, the air was fragrant, the time stood still. High grass, sprinkled with colourful small-headed flowers, was gently tickling my knees. Poppies were about to splash their intense red on the antic ruins. 'Look how beautiful it is all over', I whispered to the olive trees, 'a perfect time for a stroll.' I slipped my fingers into the open palms at the end of their branches and I took them for a walk. View all posts by atreewalker

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