Aime-moi plutôt à petites doses

Des fois, elle sent, comme si son coeur, sa tête, son corps, étaient trop petits pour absorber tout l’amour, que son homme lui donne. Des fois, elle se dit: doucement, laisse en un peu pour demain, parce que mes paumes sont petites, comme des paumes d’un enfant, je ne peux pas en emporter plus dans mon antre, où je me cache pour la nuit, comme une bête blessée. Des fois elle se dit: je ne suis pas née pour être la première, même s’il n’y rien au monde, qu’elle désirerait plus que d’être première dans son coeur.

Elle pense à son enfance, elle se voit sage et docile, essayant attraper l’attention de sa mère. Elle se voit toujours première en classe, et deuxième à la maison. Elle pense, que ça lui incombe pour une raison qui la dépasse, elle se dit, que sa vie ne doit pas être si importante que les vies des autres, elle se dit, qu’elle est là par hasard et elle se détache de la vie.
Et puis un jour, des années plus tard, elle demande enfin à sa mère de l’attention. Juste pour elle. Elle dit: égoïstement. Elle lui lit sa liste de peines, qu’elle n’a jamais eu le courage de partager. Puis elle l’embrasse fort et elle lui dit, que malgré tout, elle l’aime. Sa mère commence à pleurer, elle la tient fort dans ses bras, ses petites mains osseuses lui prennent ses mains et elle aussi, elle dit des mots porteurs de miracles, qu’elle l’aime.

Il a suffit d’une phrase, pour qu’elle puisse s’enraciner dans la vie comme jamais avant. Comme si on avait tamisé la poussière pour ne laisser que de l’or, comme si on avait mis une roue manquante dans un mécanisme, qui rouillait depuis des années. Comme si on l’avait mis sur une place, dont elle avait été enlevée de force.

Le miracle a eu lieu, mais des fois encore, elle souhaiterait dire à son homme: attends, aime-moi plutôt à petites doses, je suis comme une personne qui a faillit mourir de soif, c’est comme si de nouveau je devais habituer mon corps à accepter l’eau, c’est comme si je devais m’habituer à accepter l’amour.

About atreewalker

It was a warm spring morning in the olive grove. The breeze was gentle, the air was fragrant, the time stood still. High grass, sprinkled with colourful small-headed flowers, was gently tickling my knees. Poppies were about to splash their intense red on the antic ruins. 'Look how beautiful it is all over', I whispered to the olive trees, 'a perfect time for a stroll.' I slipped my fingers into the open palms at the end of their branches and I took them for a walk. View all posts by atreewalker

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