Descente

Nous repartons encore une fois trop tard. Il fallait quand même absorber l’euphorie du Poon Hill, et puis on ne peut pas commencer la marche tout de suite après avoir mangé deux croissants népalais faits d’une bonne pâte épaisse plutôt à l’allemande qu’à la française, et puis on a un peu discuté avec le maire du village qui était jadis plongeur olympique et puis le ciel est bleu et ce qui nous attends aujourd’hui c’est juste de la descente…

Sauf que – la descente est longue. A trois heures de l’après-midi nous entrons enfin dans le village de Sikha. Les gens sont penchés aux fenêtres, ils nous offrent du haschich et nous scrutent bizarrement. Il n’y a aucun lodge aux alentours, aucun randonneur qui y finirait son étape et nous croyons comprendre pourquoi. Changement d’horizon. Le prochain village est à trois heures de marche. Si on y mets vraiment trois heures on arrivera après le crépuscule. Et bien oui j’angoisse mais aussi plus efficacement, je presse le pas.

Le paysage est extraordinaire évidemment. Qui oserait douter de ça?! Mais le nouveau chemin est mal fléché et nous devons bien soigneusement formuler les questions pour demander la route. Les Népalais sont tellement gentils qu’ils détestent de dire non. Alors si je demande si Tatopani (notre village rêvé) est à gauche, ils me diront: oui, si je demande s’il est à droite: ils me diront: oui, aussi.

Encore une descente et quelques traversées adrenalinées des ponts suspendus, un mi-cassé, l’autre au-dessus d’un torrent himalayen en ébullition glaciale, et nous sommes arrivés. Nous sommes arrivés dans le noir. Il n’y pas de lampadaires dans les rues. A la lumière d’une voiture qui passe envoyée par le Saint-Esprit, je remarque une enseigne qui pourrait indiquer un lodge. Je me sens entrer dans le jardin d’Eden. Une douche, un dîner, un lit, c’est tout ce qu’il me faut et je réciterai mes prières chaque soir avant de me coucher, je promets :)

About atreewalker

It was a warm spring morning in the olive grove. The breeze was gentle, the air was fragrant, the time stood still. High grass, sprinkled with colourful small-headed flowers, was gently tickling my knees. Poppies were about to splash their intense red on the antic ruins. 'Look how beautiful it is all over', I whispered to the olive trees, 'a perfect time for a stroll.' I slipped my fingers into the open palms at the end of their branches and I took them for a walk. View all posts by atreewalker

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: